Si votre spermogramme a montré une faible mobilité des spermatozoïdes, cet article explique ce que cela signifie, pourquoi cela peut se produire et quelles sont généralement les prochaines étapes à envisager.
Réponse rapide
Une « faible mobilité » signifie que moins de spermatozoïdes que prévu se déplacent, ou qu’ils ne se déplacent pas suffisamment bien. Selon les valeurs de référence de l’OMS de 2021, les limites inférieures de référence sont de 30 % pour la mobilité progressive (spermatozoïdes avançant de manière dirigée, selon une trajectoire relativement rectiligne) et de 42 % pour la mobilité totale (tout type de mouvement). Un résultat inférieur à ces valeurs est statistiquement associé à une probabilité plus faible de conception naturelle, mais il ne s’agit que d’un paramètre parmi plusieurs et non d’un diagnostic en soi. Pour mieux comprendre l’ensemble d’un spermogramme, consultez Comment lire un spermogramme.
Mobilité totale vs mobilité progressive
Ces deux notions sont souvent confondues. La mobilité totale inclut tous les spermatozoïdes qui présentent un mouvement quelconque, y compris ceux qui bougent simplement sur place. La mobilité progressive — le paramètre cliniquement le plus pertinent — ne tient compte que des spermatozoïdes qui avancent de manière dirigée, principalement en ligne droite ou en décrivant de larges cercles. Ce type de mouvement est particulièrement important pour permettre aux spermatozoïdes d’atteindre l’ovocyte. Un spermogramme peut montrer une mobilité totale correcte tout en présentant une faible mobilité progressive. Il est donc important d’interpréter les deux valeurs ensemble.
Pourquoi des problèmes de mobilité surviennent : la biologie en bref
Une manière utile de comprendre la diminution de la mobilité est de considérer le stress oxydatif, c’est-à-dire un déséquilibre entre les espèces réactives de l’oxygène (ROS) et les défenses antioxydantes de l’organisme. Selon une revue publiée en 2025 dans Frontiers in Endocrinology, le stress oxydatif peut affecter le mouvement des spermatozoïdes par plusieurs mécanismes : il peut endommager les acides gras de leur membrane externe, réduisant ainsi la souplesse nécessaire au mouvement efficace du flagelle ; il peut altérer les protéines structurelles constituant le « squelette » interne du spermatozoïde, perturbant directement le battement du flagelle ; enfin, il peut endommager les mitochondries, réduisant ainsi l’énergie (ATP) disponible pour assurer le mouvement.
Il est toutefois important de souligner une limite : comme une grande partie de la littérature sur le stress oxydatif, cette revue ne distingue pas toujours clairement les résultats issus d’études sur des spermatozoïdes humains de ceux obtenus sur des modèles animaux ou en laboratoire. Ce mécanisme doit donc être compris comme une explication plausible et étayée par les données disponibles de la manière dont différents facteurs pourraient réduire la mobilité, et non comme une preuve définitive applicable à chaque cas individuel.
Quels facteurs peuvent contribuer à une faible mobilité
Varicocèle. La varicocèle est une dilatation des veines du scrotum et constitue un facteur bien établi dans l’évaluation de l’infertilité masculine. La littérature médicale l’a notamment associée au stress oxydatif et à la fragmentation de l’ADN des spermatozoïdes. Pour en savoir plus, l’article de CoolMen sur la varicocèle présente en détail les symptômes, le diagnostic et les options de traitement.
Infection ou inflammation de l’appareil reproducteur. Les globules blancs recrutés en cas d’infection ou d’inflammation sont une source reconnue des espèces réactives de l’oxygène décrites précédemment. C’est notamment pour cette raison qu’un taux élevé de globules blancs dans un spermogramme fait généralement l’objet d’une évaluation complémentaire plutôt que d’être ignoré.
Exposition à la chaleur. Une température scrotale élevée fait partie des sources potentielles de stress oxydatif identifiées dans les recherches mentionnées ci-dessus. CoolMen a déjà largement abordé ce sujet ; consultez Comment la température affecte la qualité des spermatozoïdes pour une analyse plus complète des données scientifiques.
Tabagisme et consommation importante d’alcool. Ces deux facteurs sont régulièrement identifiés dans la littérature comme des sources de stress oxydatif pouvant affecter le mouvement des spermatozoïdes, en plus de leurs effets plus généraux et bien documentés sur la santé.
Obésité et qualité de l’alimentation. Certaines recherches les associent à une augmentation du stress oxydatif, bien qu’il s’agisse davantage d’une association générale que d’un effet précis permettant de prédire le résultat chez un individu donné.
Certains médicaments. Certains médicaments — notamment les stéroïdes anabolisants et certains traitements prescrits pour d’autres affections — ont été associés dans la littérature à une diminution de la mobilité des spermatozoïdes. Si vous prenez régulièrement un médicament et que vous vous interrogez sur son effet potentiel, il est préférable d’en parler spécifiquement avec votre médecin prescripteur ou votre pharmacien plutôt que de modifier votre traitement de votre propre initiative.
Lésion testiculaire. Les traumatismes directs des testicules ont été associés à une altération de plusieurs paramètres spermatiques, y compris la mobilité, dans des rapports de cas et dans la littérature clinique.
Anticorps antispermatozoïdes. Chez certains hommes, le système immunitaire produit des anticorps dirigés contre les spermatozoïdes, ce qui peut perturber leur mouvement. Il est toutefois utile de savoir que les recommandations cliniques actuelles de l’AUA/ASRM sur l’infertilité masculine déconseillent spécifiquement la recherche systématique d’anticorps antispermatozoïdes dans le cadre de l’évaluation initiale. Il ne s’agit donc généralement pas d’un examen auquel il faut s’attendre — ni d’un examen nécessaire — dès les premières étapes du bilan.
Causes génétiques ou structurelles rares. Dans un petit nombre de cas, l’immobilité des spermatozoïdes peut être liée à un problème structurel du flagelle lui-même. Un exemple est la dyskinésie ciliaire primitive, une maladie héréditaire rare qui affecte les mêmes structures cellulaires présentes à la fois dans les cils des voies respiratoires et dans les flagelles des spermatozoïdes. Cette cause reste peu fréquente et est généralement identifiée dans le cadre d’une évaluation spécialisée ; elle ne doit pas être suspectée sur la seule base d’un résultat isolé de faible mobilité.
Un seul résultat faible ne constitue pas un diagnostic
Comme pour tous les paramètres d’un spermogramme, la mobilité peut varier d’un échantillon à l’autre pour des raisons qui ne sont pas nécessairement liées à un problème sous-jacent. Une maladie récente, la durée de l’abstinence avant le prélèvement ou les conditions de manipulation de l’échantillon peuvent modifier les résultats. Les mêmes recommandations que celles présentées dans notre guide d’interprétation du spermogramme s’appliquent ici : les recommandations cliniques actuelles préconisent généralement au moins deux spermogrammes, souvent espacés d’environ un mois, avant de tirer des conclusions à partir d’un résultat anormal. Toutefois, des recherches plus récentes suggèrent que cet intervalle précis n’est pas particulièrement bien étayé en lui-même, et votre médecin peut donc recommander un autre délai.
Que faire ensuite
Si la mobilité était le seul paramètre anormal et que tous les autres résultats se situaient dans les valeurs de référence, il s’agit d’un élément de contexte important. Toutefois, selon les recommandations cliniques actuelles, l’étape suivante la plus fiable consiste à répéter le spermogramme avant de tirer des conclusions. Si la faible mobilité persiste lors d’analyses répétées ou si elle s’accompagne d’autres paramètres anormaux, il est conseillé de consulter un urologue, un andrologue ou un spécialiste de la fertilité, qui pourra rechercher les facteurs spécifiques susceptibles d’y contribuer au lieu de se baser sur un seul résultat.
Si vous souhaitez suivre la concentration et la mobilité progressive entre deux consultations, le CoolMen Home Sperm Quality Test est conçu pour ce type de suivi à domicile, en complément d’un spermogramme réalisé en laboratoire et non pour le remplacer. Il est actuellement disponible sur liste d’attente pendant sa mise sur le marché par CoolMen — inscrivez-vous ici sur la liste d’attente pour être informé dès qu’il sera disponible.
Questions fréquentes
Peut-on améliorer une faible mobilité des spermatozoïdes ? Cela dépend de la cause sous-jacente. Corriger un facteur précis susceptible d’y contribuer — par exemple traiter une infection, prendre en charge une varicocèle, réduire l’exposition à la chaleur ou arrêter de fumer — peut aider dans certains cas. Il n’existe toutefois pas de solution universelle, et les résultats varient selon les individus et selon la cause.
Une faible mobilité signifie-t-elle que je suis infertile ? Non. Un résultat inférieur aux valeurs de référence est statistiquement associé à une probabilité plus faible de conception naturelle, mais de nombreux hommes présentant une faible mobilité peuvent tout de même concevoir, en particulier lorsque les autres paramètres sont normaux. La fertilité dépend par ailleurs de nombreux facteurs chez les deux partenaires.
Comment traite-t-on une faible mobilité ? Le traitement dépend entièrement de la cause identifiée. Il n’existe pas de traitement unique de la « faible mobilité » en tant que résultat isolé. Un spécialiste peut aider à déterminer si un facteur précis et potentiellement corrigeable, comme une varicocèle ou une infection, est en cause avant de recommander les étapes suivantes. Selon la cause, celles-ci peuvent aller de modifications du mode de vie à un traitement médical spécifique ou à des techniques d’assistance médicale à la procréation.
Puis-je vérifier la mobilité à domicile ? Certains dispositifs à domicile, dont le CoolMen Home Sperm Quality Test, sont conçus pour fournir une première estimation de la concentration et de la mobilité progressive et permettre leur suivi entre les consultations. Ils sont destinés à compléter, et non à remplacer, un spermogramme réalisé en laboratoire.
Sources
- World Health Organization, 6th edition (2021), reference values for total/progressive motility — already verified in the semen-analysis article; reused here without re-verification.
- American Urological Association / American Society for Reproductive Medicine. "Diagnosis and Treatment of Infertility in Men" guideline (2020, amended 2024) — Statement 19 (against routine antisperm antibody testing): https://www.auanet.org/documents/Guidelines/PDF/2024%20Guidelines/Male%20Infertility%20Unabridged%20Final.pdf
- Frontiers in Endocrinology (2025). "Mechanisms of oxidative stress-induced sperm dysfunction." https://www.frontiersin.org/journals/endocrinology/articles/10.3389/fendo.2025.1520835/full (les données ne distinguent pas systématiquement les résultats obtenus chez l’humain de ceux issus de modèles animaux ou in vitro ; cette limite est signalée dans l’article)
- Human Reproduction Update (2023). "Impact of primary ciliary dyskinesia on female and male fertility: a narrative review." https://academic.oup.com/humupd/article/29/3/347/7017573
- PMC. "Diagnostics and Management of Male Infertility in Primary Ciliary Dyskinesia." https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8467018/
- PMC. "Varicocele-Associated Infertility and the Role of Oxidative Stress on Sperm DNA Fragmentation." https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9580684/
- CoolMen Home Sperm Quality Test product page (for current availability/CTA accuracy): https://becoolmen.com/products/coolmen-home-sperm-quality-test
Cet article est fourni uniquement à des fins éducatives et informatives et ne remplace pas un avis médical personnalisé. Si vous avez des questions concernant vos résultats, consultez le professionnel de santé qui a prescrit l’examen ou un spécialiste qualifié de la fertilité.